April 25, 2011

Biomécanique de la course

Résumé

Classiquement, pour expliquer la course au plan de la biomécanique, on prend comme repère le sol et l'évolution du bassin antérieurement et postérieurement à l'instant du soutien (moment où le bassin passe à la verticale de l'appui):(fig.1)
la phase d'amortissement est dite négative (perte de vitesse). elle commence avec la pose du pied et se produit jusqu'au soutien.
la phase d'impulsion est dite positive (reprise de vitesse). Elle se termine à l'instant où le pied quitte le sol en fin d'impulsion.



Le cycle des jambes (voir figure 2)


Le cycle antérieur:

type même de la fin de course des sauteurs, il est marqué par l'intention de ramener au plus vite son pied vers l'avant et le haut dès la fin de la phase d'impulsion. Carl Lewis était l'archetype de l'athlète en cycle antérieur (course en rétroversion du bassin).

Le cycle postérieur:

marqué par une montée ds talons au niveau du bas du dos (facilité par une antéversion du bassin) et donc par un "temps mort" entre fin de poussée et la reprise du sol (ex: Marie-josé Perec). ces explications généralement admises ont évolué avec, entre autres, les recherches d'Alain Piron.
Celui-ci décrit le sprint comme une succession de rebonds et non comme une suite de poussées des appuis vers l'avant et comme une recherche permanente de "mise en tension-renvoi". (fig3)


les mécanismes de la foulée

lorsque la jambe d'appui pivote autour du pied au sol, il se crée une certaine quantité de rotation avant, qui doit être compensée par la montée de la jambe libre (pour conserver l'équilibre général du corps). Selon Hopper, la surface balayée par la jambe d'appui doit être égale à celle balayée par la jambe libre.
En clair, il y a donc interaction-logique-entre les deux jambes.
Au cours de la 1ére partie de la oulée (amortissement), les membres libres "chargent " la jambe d'appui augmentant ainsi la tension, puis allègent cette jambes d'appui dans la dernière partie (impulsion), facilitant ainsi la propulsion vers l'avant.
Les bras et les épaules participent également à la charge et à l'allègement en fin d'impulsion.
La reprise du sol en coup de griffe (retour du pied vers l'avant) diminue la vitesse relative de ce pied par rapport au sol et limite donc les blocages. Ce griffé contribue ensuite à replacer le bassin en le réalignant par rapport à la jambe d'appui pour recevoir et restituer au mieux les forces de réaction du sol à l'ensemble du corps.

April 23, 2011

Affûtage et stress pré-compétitif

Introduction

Pour optimiser leur performance lors d'une compétition qui revêt une
importance particulière, les athlètes suivent généralement un modèle
d'affûtage : période de plusieurs jours au cours de laquelle la charge
d'entraînement est réduite de façon importante.

Définition et objectifs de l'affûtage


L'affûtage : « réduction progressive et non linéaire de la charge
d'entraînement pendant une période de durée variable, dont l'objectif
est de réduire les effets physiologiques et psychologiques négatifs de
l'entraînement quotidien et d'améliorer la performance sportive ».

L'objectif principal de l'affûtage est de réduire les effets négatifs de
l'entraînement intensif (ex : fatigue accumulée), et non pas tant de
développer les qualités physiologiques à des niveaux supérieurs. Pendant
cette période, les gains de performance sont principalement causés par
une réduction marquée des effets négatifs de l'entraînement et, par
conséquent, les athlètes doivent avoir atteint un niveau de condition
physique proche de celui visé lors de l'événement compétitif avant de
débuter la période d?affûtage. Les améliorations de performance
occasionnées par la période d'affûtage résultent en partie de
modifications hormonales.

Pendant cette période :

1.Le ratio testostérone/cortisol augmente, reflétant la prédominance
d'une activité anabolique accrue.

2.Le volume de globules rouges et d'hématocrite augmente.

3.La concentration d'haptoglobine (une glycoprotéine responsable de
combiner les molécules de fer à l?hémoglobine) augmente.

4.L'activité de la créatine kinase (indice de stress occasionné par
l?entraînement) diminue.

Par ailleurs, les périodes d'affûtage sont souvent associées à une
amélioration de la qualité du sommeil, une perception de l'effort
réduite, une réduction de la sensation de fatigue, une diminution des
perturbations de l'humeur et une sensation de vigueur accrue.

Réduction de la charge d'entraînement

La charge d'entraînement ? ou stimulus d'entraînement ? peut être
décrite comme une combinaison du volume, de l'intensité et de la
fréquence d'entraînement. La stratégie d'affûtage optimale visera donc à
réduire la charge d'entraînement de façon à éliminer la fatigue
accumulée, tout en conservant une charge d'entraînement suffisamment
grande pour ne pas perdre les adaptations physiologiques et
psychologiques. En effet, si une charge trop importante ne permet pas
d'éliminer la fatigue accumulée et, par conséquent, de bénéficier
complètement des effets de l'affûtage, un stimulus d'entraînement
insuffisant peut entraîner un désentraînement plus ou moins rapide.

Réduction de l'intensité de l'entraînement

Pendant l'affûtage, une diminution de l'intensité de l'entraînement est
associée à une réduction des adaptations physiologiques et à un déclin
de la capacité de performance. Le maintien d?une intensité
d'entraînement élevée pendant toute la durée de la période d'affûtage
est essentiel, peu importe le niveau de performance des athlètes.

Réduction du volume d'entraînement

Les améliorations de performances provoquées par l'affûtage sont plus
importantes lorsque le volume d'entraînement est réduit de 50-90 %.

Réduction de la fréquence d'entraînement

La plupart des études démontrent qu'une fréquence d'entraînement réduite
pendant 2-4 semaines permet d'améliorer ou de maintenir les adaptations
positives occasionnées par l'entraînement. Cette réduction de la
fréquence d'entraînement doit être de l'ordre de 30-50 pourcent chez des
athlètes de niveau moyen et de inferieurà 20 pourcent chez les athlètes
de haut niveau et ceux évoluant dans des sports ou la technique joue un
rôle primordial.

April 18, 2011

SÉQUELLES PSYCHOLOGIQUES DE LA BLESSURE ET GESTION DU STRESS

SÉQUELLES PSYCHOLOGIQUES DE LA BLESSURE
 
La blessure peut provoquer une période de doute et de stress accru, surtout lié au risque de se blesser à nouveau, ou de revenir au même niveau d’avant blessure.
On observe également une image du corps déformée (le corps est faillible) et une estime de soi en baisse. Quand une personne perd le contrôle de son corps (à travers une blessure), l’image de soi décroît énormément. Plus les athlètes sont jeunes, plus l’image du corps est importante pour le maintien d’une estime de soi.
Ces réactions sont temporaires et normales et vont même disparaître au fur et à mesure de la rééducation. Cependant, plusieurs facteurs permettent de comprendre la difficulté à gérer la blessure pendant la phase de rééducation.
NIDEFFER (1983) a montré que certains aspects de la rééducation sont essentiels pour éviter le stress chez le sportif blessé :
  • Recherche d’information : le sportif a besoin de comprendre ce qu’il se passe. Comprendre exactement la blessure et comment la guérir.
  • Altération de la confiance et l’estime de soi : le sportif ne croit plus en ses capacités et va se dévaloriser.
  • Certains sportifs ont plus de mal à digérer une blessure que d’autres, donc il faut bien connaître le sportif pour suivre ce long processus.
  • Les facteurs d’extraversion et d’introversion sont importants. Le sportif introverti aura tendance à être encore plus en retrait lors d’une blessure.
On a démontré que les sujets qui recouvraient leurs capacités plus rapidement sont souvent ceux qui ont eu une attitude positive pendant leur rééducation. Parfois même la blessure peut-être un tremplin vers d’autres apprentissages et permet à l’athlète de faire des performances supérieures à celles d’avant la blessure.
Le temps de repos imposé par la blessure peut également permettre de rebondir et se renforcer mentalement. Il s’agit de prendre le temps de comprendre le fonctionnement de son corps et d’apprendre à ne plus s’entraîner mal (ou éviter un surentraînement), et comprendre mieux comment l’esprit et le corps sont liés et avoir donc un plus grand contrôle sur les deux.
Avoir été blessé permet aussi d’apprendre à gérer ses douleurs. Il est fréquent de voir des sportifs qui ont été blessés jouer avec une « petite douleur » qu’ils ne jugent pas inquiétante. Elle fait partie de la pratique compétitive, et permet d’écouter son corps, de faire la différence entre des douleurs musculaires dites normales et celles qui peuvent engendrer de vraies blessures.
 Enfin, la blessure est un défi à relever et il est parfois utile de se remettre en cause sur le mode de vie, s’impliquer plus sérieusement dans l’entraînement, et savoir faire face à des émotions de toutes sortes. La force intérieure trouvée pendant la rééducation permet aussi de se renforcer mentalement pour la compétition, d’accepter plus les épreuves physiques et de donner une confiance en soi supplémentaire.
La médecine s’accorde sur un point, si les facteurs psychologiques sont résolus, les symptômes disparaissent. Ce qui veut dire, que tant que le mental n’est pas prêt à affronter la compétition, le corps ne suivra pas, ou fera défaut d’une manière ou d’une autre.
 
GESTION DU STRESS EN BLESSURES ET ENTRAINEMENT
 
En tant qu’entraîneur, éducateur ou même enseignant, il faut savoir réduire le sentiment négatif lié à la perte de contrôle de ses moyens et prévenir des athlètes blessés.Il y a des choses essentielles à savoir repérer :
  • Faire une détection précoce : Savoir détecter les changements physiques, émotionnels ou même comportementaux d’une personne
  • Conseiller rapidement ou établir un dialogue pour permettre de se rendre compte du stress lié à la blessure
  • Maintenir une relation positive et fournir un soutien social
  • Donner des informations tout au long de la rééducation (pendant, après pour discuter de sa place dans l’équipe par exemple).
Il faut maintenir autour du sportif blessé, un environnement ouvert à la discussion et surtout donner des réponses claires à ses interrogations. Tout ceci permet d’extérioriser ses angoisses et réduire le stress associé à la blessure.

DIFFERENCE STRESS-EMOTION-ANXIETE
 
Contrairement au stress ou à l’émotion (vécue avec des sensations de plaisir/déplaisir), l’anxiété est ressentie de manière pénible. Selon les individus, l’anxiété est vécue comme un état banal (appelé souvent trac) ou alors pouvant reposer sur une pathologie allant jusqu’à la panique. Dans la plupart des cas, les sportifs font l’expérience d’une anxiété non pathologique, mais à un certain point, elle peut devenir invalidante si la situation est vraiment perçue comme menaçante.

EMOTIONS EN SPORT
 
L’émotion consiste en plusieurs éléments, à la fois des comportements observables, et des changements physiologiques qui se produisent au niveau du système nerveux autonome. On parle ainsi d’activation et de lien avec la performance.
Cela permet de rendre compte que l’organisme ne fonctionne pas selon la même intensité. En sport, on parle de la loi Yerkes & Dobson (1908), « loi du U inversé », loi qui présente des relations entre activation, états psychologiques et performance


 

 
Il y a une relation entre activation et performance. Des travaux font apparaître l’idée d’une zone optimale dans laquelle les processus physiologiques sont en harmonie et fonctionnent de manière efficiente.
 
Ainsi, un certain niveau de stress et d’émotions serait facilitateur de la performance, puis passé un seuil, il deviendrait perturbateur en augmentant les tensions musculaires, en altérant la coordination neuromusculaire et en faisant varier les niveaux d’attention sélective et de concentration.